Transformation - Citations

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Cette transformation est très intéressante puisqu’elle permet à la fois de compléter les résultats de celles portant sur la construction syntaxique, tout en apportant des nuances à notre interprétation.

Par ailleurs, le volume de citations utilisées est du simple au double en fonction non seulement de la rédaction, mais également de l’auteur de l’article. C’est donc un autre biais mis en lumière par cette transformation.

Les citations "directes" et "indirectes" renvoient au statut de la citation. Les citations "inapplicable" sont celles dont le statut est mixte.

Abréviations

CC Jeanne : Commissaire aux comptes de Jeanne
CNB : Conseil national des barreaux
CSM : Conseil supérieur de la magistrature
DSJ : Direction des services judiciaires
RN : Rassemblement National
TCP : Tribunal correctionnel de Paris

Affaire des menaces contre les juges

Sur les menaces contre les juges traitées par le Figaro en 2025

Citations directes

  • Alexandra Vaillant : a créé une veille des réseaux sociaux
  • Alexandra Vaillant : adressé un signalement à la plateforme Pharos, qui collecte les contenus numériques illicites
  • DSJ : d'identifier les risques et de demander une évaluation de la menace
  • DSJ : attache auprès du ministère de l'Intérieur pour que les abords de son domicile soient protégés
  • Procureur général : défendre l'État de droit

Citations indirectes

  • unknown : syndicat de la magistrature
  • unknown : mur des cons

Citations directes dans un discours indirect

  • François Bayrou : qui s'est dit « troublé » par l'énoncé du jugement choc ?
  • DSJ : elle, se tenait prête à activer « la protection fonctionnelle »
  • Gérald Darmanin : juge ces menaces « inacceptables dans une démocratie »
  • Gérald Darmanin : a demandé que l'appel intervienne dans « des délais raisonnables »
  • haut magistrat : « Un profil comme ça, forcément, on ne le laisse pas passer dans un tribunal », souligne un haut magistrat, qui rappelle combien « la filière économique et financière est sinistrée » et combien « il est compliqué de trouver des magistrats compétents pour suivre » une matière réputée âpre, technique, exigeant un travail de moine soldat.
  • unknown : Eva Joly, « première éco-fi » des années 1990
  • unknown : Qualifiée dans nombre de commentaires de « juge rouge »

Sur les menaces contre les juges traitées par Libération en 2025

Citations directes

  • Jordan Bardella : Tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir
  • Jordan Bardella : Quel est ce pays où on ferme une chaîne de télévision [C8, ndlr], où l'on empêche la leader de l'opposition de concourir à l'élection présidentielle, où l’on requiert de la prison ferme contre un ancien président de la République ?
  • Jordan Bardella : c’était un jour très sombre pour la démocratie française, peut-être le plus sombre que la démocratie française ait connu
  • Louis Alliot : dispositif [...] pas juridique mais politique
  • Marine Le Pen : Le système a sorti la bombe nucléaire
  • Marine Le Pen : Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner des élections.
  • Marine Le Pen : Ils nous ont volé les législatives [en raison du désistement républicain], que les choses soient claires, on ne se laissera pas voler la présidentielle.
  • Marine Le Pen : Cet appel [...], c'est aussi une menace !
  • Chenu : Sous le regard du monde entier, sous le regard de démocraties authentiques, la France est observée.
  • Cour appel Paris : examinera ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l'été 2026
  • Eric Ciotti : Nous voulons savoir quel sort votre gouvernement voudra lui réserver
  • JP Tanguy : Peut-être qu'elle [Perthuis] sera bientôt candidate aux européennes, comme Joly[en 2009 avec les Verts]
  • JP Tanguy : Evidemment, nous n'allons pas manifester
  • JP Tanguy : Jamais l'oligarchie n'a accepté que le peuple décide
  • L.Lavalette : déclarations d’amour à l'ancienne candidate d'extrême gauche Eva Joly
  • L.Lavalette : qu’elle doit rendre ses décisions au nom du peuple
  • député RN : C'était incroyable

Citations directes dans un discours indirect

  • Jordan Bardella : dénonçant la «tyrannie des juges » repeints en «rouge»
  • RN : « Le système », « l’oligarchie », les « juges rouges » : après le déni, la colère, deuxième étape du deuil
  • unknown : est-ce après la juge seule, la justice entière ou le fantasmagorique «système», qu'il faut aboyer?
  • Marine Le Pen : «juge de première instance», prend-elle toujours soin de préciser avec mépris
  • JP Tanguy : lancé dans une philippique pleine d'anaphores et de mensonges contre les «magistrats», et le « quarteron de procureurs et de juges » qui ont condamné Le Pen dans une référence gaullienne aux putschistes d’Alger

Sur les menaces contre les juges traitées par le Monde en 2025

Citations directes

  • CNB : Dans un contexte où l’autorité judiciaire est de plus en plus contestée sur les réseaux sociaux et dans le débat public, il est de la responsabilité collective des acteurs institutionnels de faire bloc pour la protéger.
  • CSM : Ainsi, les menaces visant personnellement les magistrats chargés du dossier, tout comme les prises de parole de responsables politiques sur le bien-fondé des poursuites ou de la condamnation(...) ne peuvent être acceptées dans une société démocratique.
  • Gérald Darmanin : serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible et ainsi ne puisse pas se présenterdevant le suffrage des Français
  • Gérald Darmanin : Dans un Etat de droit démocratique, la critique d’une décision de justice ne peut en aucun cas s’exprimer par des menaces formulées à l’égard des magistrats
  • Jordan Bardella : les menaces, les injures ou les insultes à l’égard du juge ou des magistrats
  • Jordan Bardella : Des juges ont décidé d’éliminer purement et simplement de la course à la présidentielle la candidate du Rassemblement national
  • Magistrat parquet : Le tribunal prend en considération le trouble majeur à l’ordre public démocratique qu’engendrerait (...) le fait que soit candidate, par exemple et notamment à l’élection présidentielle, voire élue, une personne qui aurait déjà été condamnée en première instance, notamment à une peine complémentaire d’inéligibilité, pour des faits de détournement de fonds publics
  • Marine Le Pen : tyrannie des juges
  • Marine Le Pen : dénonçant une « décision politique » et en accusant le tribunal correctionnel de Paris de « l’empêcher de pouvoir être élue présidente de la République ».
  • Marine Le Pen : L’ingérence de ces magistrats dans le processus électoral suprême qui est celui de l’élection présidentielle, voilà où est le trouble à l’ordre public.
  • RN : l’impératif de sauvegarde de l’ordre public
  • Conseil constitutionnel : renforcer l’exigence de probité et d’exemplarité des élus et la confiance des électeurs dans leurs représentants
  • Conseil constitutionnel : l’objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public
  • Magistrat parquet : dans ce dossier, les faits sont accablants et graves, pour Marine Le Pen et son parti Cela ne fait aucun doute pour personne. Pourquoi, alors, avoir voulu politiser le jugement ?
  • Magistrat parquet : C’est excessif par rapport aux principes, inutile par rapport à l’objectif de sanction, et dangereux par rapport à l’ensemble de l’institution.
  • Magistrat siège : bon fonctionnement de la démocratie
  • Magistrat siège : très judicieux
  • Rémy Heitz : Je ne commenterai pas une décision qui a été rendue et qui est de surcroît non définitive puisqu’elle a été frappée d’appel.

Citations directes dans un discours indirect

  • Magistrat siège : « ordre public démocratique » n’est « pas une notion familière du droit », contrairement à celle d’un « ordre public ».
  • CSM : a fait part de son « inquiétude » après des « réactions virulentes »

Affaire Jeanne

L'affaire Jeanne traitée par le Figaro en 2015

Citations directes

  • Marine Le Pen : Je persiste à vous dire que nous n'avons rien à nous reprocher

Citations directes dans un discours indirect

  • Marine Le Pen : affirme qu'elle et ses proches n'ont «rien à se reprocher»

L'affaire Jeanne traitée par le Figaro en 2019

Citations directes

  • W Saint-Just : mécanisme opérationnel et financier
  • W Saint-Just : la catastrophe politique et financière

Citations directes dans un discours indirect

  • Bernard Grelon : a égrené les « manœuvres » du FN, devenu Rassemblement national en 2018, pour « détourner les règles électorales »

L'affaire Jeanne traitée par Libération en 2015

Citations indirectes

  • unknown : «cette semaine» pour «escroqueries, abus de confiance et acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale»

L'affaire Jeanne traitée par Libération en 2020

Citations directes

  • TCP : recherche systématique de l'appât du gain, pour faire du parti une véritable machine à cash

L'affaire Jeanne traitée par le Monde en 2015

Citations directes

  • CC Jeanne : services rendus aux candidats pour les campagnes électorales

L'affaire Jeanne traitée par le Monde en 2019

Citations directes

  • Bernard Grelon : détourner les règles électorales
  • RN : volonté de ces politiciens de tuer le RN, plutôt que de le laisser gagner dans les urnes !
  • Céline Ducournau et Nicolas Barret : Montages fumeux
  • Céline Ducournau et Nicolas Barret : prêts fictifs
  • Céline Ducournau et Nicolas Barret : prix excessifs
  • Céline Ducournau et Nicolas Barret : litanie d’escroqueries
  • Céline Ducournau et Nicolas Barret : détourner de l’argent public de manière systémique
  • parquet Paris : au regard de son positionnement, de sa qualité, du lien central avec Riwal et Jeanne

Affaire Ibrahim Ali

L'affaire Ibrahim Ali traitée par Libération en 1995

Citations directes

  • Mégret : L'un d'entre eux a été violemment agressé par une quinzaine de Comoriens et ses deux compagnons, qui se trouvaient 300 mètres plus loin, sont venus à son secours en état de légitime défense. Pour se dégager, les colleurs d'affiches se sentant menacés de mort ont tiré en l'air en direction de leurs agresseurs.
  • Mégret : c'est ce matin seulement, en apprenant qu'il y avait eu un mort, qu'ils se sont spontanément présentés à la police.
  • Mégret : S'ils n'avaient pas été armés, le mort aurait été parmi eux.
  • Saïd : Nous éprouvons une grande colère contre cet acte de racisme
  • Saïd : mais il nous faut d'abord calmer les jeunes.
  • Mohamed El Mamouni : Une nouvelle fois, un jeune est mort. Un jeune Français d'origine comorienne est la victime d'un crime à caractère raciste et fasciste, perpétré par des militants du Front national.

Citations indirectes

  • Mégret : reconnaissait devant la presse que trois colleurs d'affiches de son mouvement se trouvaient bien sur les lieux la nuit du drame.
  • RN : aucun militant ne collait des affiches dans ces quartiers la nuit précédente.
  • patron bar : Ce soir-là, des gens qui sortaient de son bar avaient été braqués par les trois occupants de cette même voiture
  • amis Ali : Sans aucune raison
  • amis Ali : il n'y a pas eu l'ombre d'une bagarre, ni même des mots échangés avec les trois hommes qui collaient les affiches de Le Pen sur ce mur encore vierge du carrefour.
  • amis Ali : les coups de feu sont partis d'une voiture garée à proximité, une 205 blanche qui s'est évanouie en trombe dans la nuit, après avoir embarqué les colleurs.

Citations directes dans un discours indirect

  • JM Le Pen : s'est déclaré "profondément peiné par la mort" du jeune Français d'origine comorienne, mais a ajouté qu'il pensait "aussi aux militants qui ont eu le malheur d'être impliqués dans ce tragique accident"
  • SOS racisme : "envisage de se porter partie civile contre les coupables" de l'assassinat, attend "de Jean-Marie Le Pen qu'il condamne sans ambiguïté ce crime."
  • patron bar : reconnaît la R18 "des gars à Le Pen"
  • Gaudin : estime qu'"aucun enjeu électoral ne vaut la mort d'un adolescent"
  • Jacques Chirac : s'est déclaré "consterné" par ce drame "inexcusable, inexplicable et inadmissible"
  • représentante association maghrébine : veut rester "pacifique", mais elle demande: "Chaque fois qu'un de nos jeunes sort, doit-on prendre le deuil?"

L'affaire Ibrahim Ali traitée par Libération en 1998

Citations directes

  • Ambrosio : ne remarque pas des détails comme ça
  • Giglio : Je les ai vus de couleur noire, mais je ne pense pas que c'est un délit.
  • Lagier : Ibrahim Ali a été victime des circonstances, dont je suis un élément
  • Lagier : Il ne représentait pas un danger pour moi, je ne l'ai même pas vu.
  • Lagier : C'est un accident
  • Lagier : Je ne prends jamais d'arme quand je vais coller des affiches
  • Lagier : Quand j'emmène ma femme au supermarché, je mets la bombe dans ma poche
  • Lagier : la boîte à gants était à ce point encombrée que je ne l'ai pas trouvée
  • Lagier : le plus maniable
  • Lagier : manipuler une arme, probablement à grenaille, dans les locaux du Front national
  • Lagier : un métis bien brassé
  • Lagier : Je ne suis plus un petit garçon, je ne m'effraie plus de voir un Noir
  • Lagier : au sein du FN, il y a des adhérents qui sont noirs
  • Lagier : à demi arabe
  • Lagier : Si j'avais été raciste, j'aurais tiré toutes les balles que j'avais dans mon arme
  • Lagier : Ce soir-là, une chose est certaine, une embuscade nous était tendue
  • Lagier : Et si on n'a pas retrouvé de pierres, c'est qu'elles ont été enlevées
  • Avocat général : Qu'est-ce qui, dans leur appartenance au Front national, a pu déterminer leur comportement?
  • chef enquête : doute fort

Citations directes dans un discours indirect

  • Ambrosio : les a vus traverser "le faisceau des phares", lui qui n'a même pas reconnu copain Giglio quand il tirait dans le tas
  • Ambrosio : n'est pas raciste, mais, quand il parle des rappeurs, il dit "les Norvégiens", parfois "la meute"
  • Lagier : Et se voit comme un tireur "un peu au-dessus de la moyenne", lui qui loge à 25 m une balle dans une cible de 18 cm
  • Lagier : un coup-de-poing américain dont il ne se sert plus "depuis des années"
  • Lagier : C'est qu'il n'a pas "une passion" pour les armes, juste "un goût"
  • Lagier : il prend des Remington à effet dit "lacérant"
  • Lagier : Officiellement parce que "c'est plus pratique", mais il a avoué au juge qu'il avait ainsi l'impression d'"être un petit James Bond"

L'affaire Ibrahim Ali traitée par Libération en 1998

Citations directes

  • Ambrosio : Je n'ai pas de convictions
  • Ambrosio : J'ai adhéré pour mes idées personnelles.
  • Ambrosio : le FN, c'est le parti qui dérange, qui fait bouger nos hommes politiques.Parce qu'on accepte les gens, et on n'est pas capable de leur donner du travail, c'est une question de dignité. Le reste, je m'en fous.
  • Ambrosio : Cette formation n'était pas près d'accéder au pouvoir en 1995
  • Ambrosio : Par contre, depuis que je n'y suis plus, j'ai l'impresion que c'est en train de se faire
  • Giglio : c'est le seul parti qui dénonce l'insécurité pour les personnes âgées
  • Lagier : Je ne pense pas me distinguer des autres
  • Lagier : je me considère comme ça, le type même du Français moyen.
  • Lagier : C'était plutôt à eux d'apprendre le français, une langue universelle
  • Lagier : il se bat du côté des Français
  • Lagier : Aujourd'hui, on n'achèterait pas du pétrole, on en vendrait, on ferait partie de l'Opep. Voilà pourquoi aussi je voulais que l'Algérie reste française.
  • Lagier : J'ai horreur de voir quelqu'un persécuté
  • Lagier : C'est mon caractère. Quand j'ai vu cet acharnement contre le Front national, j'y suis allé.
  • Lagier : J'avais une dette de reconnaissance
  • Lagier : Ensuite, évidemment, ils m'ont présenté la facture, ils voulaient que j'aille aux manifs, j'allais pas dire non.
  • Lagier : Je me suis dit, ils sont à Prague, bientôt ils seront à Marseille.
  • Lagier : J'ai entendu tout ce qui a été dit, rien ne m'a choqué. Par contre, tout ce qu'on disait le lendemain sur lui dans les journaux était faux, les phrases avaient été manipulées, bricolées.
  • Lagier : Bien sûr, répond Lagier, il aurait pu le devenir si je ne l'avais pas tué malheureusement.
  • Lagier : Non. C'est logique. Pas tout le temps, mais c'est logique.

Citations indirectes

  • Lagier : C'est un type moyen.Mais Français.
  • Lagier : le petit pied-noir avoue une enfance heureuse, avec ses copains algériens.
  • Lagier : lui, il les connaît les Irakiens, ce sont de braves gens.
  • Lagier : A part ça, il a un hobby, il est membre d'un club de tir, respectueux des lois et des feux rouges, bon père de famille et colleur d'affiches sans casier judiciaire.
  • Lagier : Et ilne voit pas en quoi le FN pourrait être xénophobe.
  • accusés : S'il n'y avait pas en somme ce malheureux incident qui a tué raide Ibrahim, les accusés avoueraient franchement qu'il n'y a que des braves gens, au FN
  • asso antiraciste : Ibrahim Ali aurait il pu être un Français moyen?

Citations directes dans un discours indirect

  • Ambrosio : au lieu de coller "les Français d'abord", il aurait "tout aussi bien" collé "les Français dehors"
  • Fayolle : Selon vous, la préférence nationale, c'est un propos raciste ?
  • Lagier : D'Ambrosio est le fils d'un immigré italien qui n'a jamais été naturalisé malgré cinq ans dans la Légion, et ça "a choqué affectivement" son fils
  • enquêteur : Pierre Giglio, 39 ans, est ébéniste, catholique, "travailleur, timide, anxieux, peureux", bref "pétochard"
  • Ambrosio : avoue volontiers qu'il "n'était pas une flèche à l'école"

L'affaire Ibrahim Ali traitée par Libération en 2021

Citations directes

  • Ahamada : Avant qu'il ne meure, je ne pensais pas que ça pouvait arriver en France, mourir parce qu'on est noir
  • Ahamada : On a raté une occasion à l'époque de bouter le FN hors de Marseille. Vingt-cinq ans après, le parti n'a jamais été aussi fort ici et se trouve même en situation de l'emporter à l'échelle du pays.C'est aussi ce constat d'échec collectif que l'on va commémorer dimanche.
  • Ghali : Ibrahim Ali était un enfant de Marseille,
  • Ghali : Aujourd'hui, il aurait pu être Soprano. Il a eu sa vie fauchée sauvagement parce qu'il était noir. Cette rue, ce n'est pas un petit symbole.
  • Soly : Nos politiques ne se sont pas battus pour le bien des habitants,
  • Soly : Avant, Le Pen, c'était le diable, aujourd'hui on a une blonde qui présente bien, mais on sait que les idées sont les mêmes.
  • Soly : Il y avait un tel engouement à l'époque
  • Soly : IAM avait sorti son album Concept, les plus jeunes allaient squatter chez Akhenaton et Imhotep pour écouter des disques ramenés de New York. Moi, j'écrivais des textes et on les rappait comme tout le monde, sur des faces B américaines.
  • Soly : Comme nous tous, la musique, ce n'était pas une voie pour lui,
  • Soly : Ça s'est répandu dans la ville comme une traînée de poudre, je me souviens les défilés de scooters de tous les quartiers. Ils voulaient brûler Marseille. Moi aussi, j'étais en feu.
  • Soly : Elle m'a dit: "Va voir tes frères, calme-les. Ne salissez pas sa mémoire.
  • Soly : On ne pouvait pas faire comme si c'était un fait divers comme un autre
  • Soly : Il fallait faire quelque chose pour l'honorer, un endroit où des gens habitent, pour que l'on sache pourquoi on l'a tué.
  • Soly : Et puis j'en ai eu marre d'écrire
  • Soly : Souvent, en face, il y a de l'étonnement. Après, je les laisse écrire sur ce qu'ils ont retenu. La rue, c'est un symbole, mais il y a toute une action éducative et citoyenne à mener derrière contre ces idées qui n'ont cessé de progresser.
  • Soly : C'était d'une violence
  • Soly : En gros, c'était : fermez vos gueules, on vous a mis un rondpoint en bas de votre cité !
  • Soly : On a sans doute notre part de responsabilité.Je me retrouve devant des gamins qui n'ont pas les mêmes références que moi, le rap a changé, maintenant tout le monde peut faire son studio dans sa chambre, le challenge, c'est celui qui a le plus de vues.Les choses se construisent différemment, mais j'ai besoin d'espérer.
  • maire Marseille : A ce moment-là de l'histoire, votre humanité vous impose le silence !

Citations indirectes

  • Ahamada : c'est la mort d'Ibrahim Ali qui l'a poussé à s'engager en politique alors qu'il n'avait que 22 ans.

Citations directes dans un discours indirect

  • Soly : Car en vingt-six ans, sur le terrain politique, il a fallu encaisser plusieurs «coups de surin»

L'affaire Ibrahim Ali traitée par le Monde en 1995

Citations directes

  • B Vice : Aimons-nous, aimons-nous vivants
  • B Vice : Il était naguère une bête sanguinaire qui rêvait de faire de la terre entière un enfer pour ceux qui avaient l'erreur et le de venir au monde sans la bonne couleur de peau, car ce sot inculte, n'ayons pas peur des mots,rêvait d'un nouveau monde où seuls les Blancs seraient égaux.
  • CFDT : ce meurtre met en évidence les conséquences odieuses de l'action de ceux qui,dans notre pays, propagent des idéologies racistes et xénophobes
  • CGT : cette mort n'est ni accidentelle ni involontaire, c'est un assassinat ! Les hommes qui l'ont perpétré militent au FN, un parti dont les thèses sont celles de l'exclusion
  • Emmanuelli : ce crime raciste
  • Gaudin : Aucun enjeu électoral ne vaut la mort d'un adolescent.
  • Hassany : Une 205 grise m'a dépassé doucement.J'ai eu peur, d'autant qu'elle était bourrée d'affiches du FN
  • Hassany : Le type a stoppé et s'est mis à tirer Tac-tac, avec un flingue comme ils ont dans les films.
  • Hassany : J'ai entendu d'autres coups de feu, des cris: venez, ils ont eu Ibrahim. Quand je l'ai vu par terre, je l'ai cru évanoui.Je croyais qu'ils avaient voulu nous faire peur, juste avec des fusils à plomb. Mais le SAMU n'a pas pu le ranimer
  • Hassany : Ils ont vu des Noirs courir dans la nuit et ont dû penser qu'on allait les agresser,
  • Hassany : Mais ils n'avaient aucune raison de tuer un jeune. Sauf la haine.
  • JM Le Pen : pense aussi aux militants et à leurs familles qui ont eu le malheur d'être impliqués dans ce tragique accident.
  • JM Le Pen : Ceux qui se dévouent pour défendre leurs idées et leurs convictions (...) sont, eux aussi, des victimes de l'insécurité
  • Mégret : a été violemment agressé par une quinzaine de Comoriens et, pour se dégager, les colleurs, se sentant menacés de mort, ont tiré en l'air en direction de leurs agresseurs et ont quitté rapidement les lieux pour leur échapper.
  • SOS racisme : envisage de se porter partie civile contre les coupables. Nous ne pouvons pas accepter qu'un parti mène une campagne électorale en armant ses militants.
  • Voynet : condamne ces pratiques de bandits
  • les jeunes : Ca n'a pas intéressé la police
  • les jeunes : Commoriens ou Arabes, le tarif est le même. Ces gens-là ne parlent pas, ils tirent
  • CRIF : tient à réagir contre un acte criminel de caractère raciste
  • FECOM : Le FN est passé du discours à l'acte
  • FECOM : Cet assassinat se déroule à un moment où, une nouvelle fois, les étrangers et les jeunes d'origine étrangère se trouvent pris au piège tendu par des démagogues.
  • MRAP : la conséquence logique et tragique d'une idéologie prônée par le Front national
  • asso droit cité : le tir aux jeunes est ouvert
  • responsable associatif comorien : On a essayé la discrétion, le respect de l'autre, il faut croire que ça ne marche pas
  • responsable associatif comorien : Le Pen jouela confusion entre Français et Blancs. Ses affiches sont une incitation à nous jeter à la mer. Elles devraient être interdites
  • syndicat police : cet acte indigne de la République française
  • élu 1 : Les mots, mais pas les fusils
  • élu 1 : à la mémoire de ce gamin tué seulement parce qu'il était noir.
  • élu 2 : Si la campagne a commencé ainsi, où en serons-nous dans quatre mois?

Citations indirectes

  • Mégret : expliquant que ses colleurs d'affiches auraient été agressés.
  • témoins : un incident similaire a eu lieu au même endroit, peu avant Noël, impliquant la même R18

Citations directes dans un discours indirect

  • CGT : exigeant que « les loisantiracistes soient pleinement appliquées
  • Emmanuelli : le gouvernement doit prendre« toutes ses responsabilités »
  • JM Le Pen : s'est déclaré « profondément peiné par la mort » d'Ibrahim Ali
  • Voynet : juge, pour sa part, Jean Marie Le Pen « moralement responsable» et demande au ministre de l'intérieur d'exercer « un strict contrôle sur la possession d'armes »
  • FECOM : a condamné ce crime « à caractère raciste et fasciste »
  • syndicat police : exige « une répression impitoyable contre les éléments factieux qui tentent de promouvoir les idées que l'on croyait mortes depuis cinquante ans »

L'affaire Ibrahim Ali traitée par le Monde en 2015

Citations directes

  • Ahamada : Aujourd'hui, tout le monde est Charlie. A l'époque, ils criaient tous : "Justice pour Ibrahim"
  • Ahamada : L'émotion était très forte.Manifs dans toute la France, 30 000 personnes dans les rues de Marseille(ici une vidéo). Mais, ce 21 février, combien serons-nous aux Quatre-Chemins pour honorer sa mémoire ? Tous les ans, on vit la même chose. On se regarde dans le blanc des yeux, de moins en moins nombreux. Personne, ni la municipalité ni la République, n'a saisi l'enjeu de ce meurtre. Etle Front national a pris une mairie à Marseille. Cela frise le déni.
  • Ahamada : Beaucoup de Comoriensd'origine comme moi. Un peu de Maghrébins. Tous de la cité Félix-Pyat
  • Ahamada : On ne s'est croisés qu'une ou deux fois. Mais on vivait exactement les mêmes choses. Son assassinat a été un déclic. Je me suis alors intéressé au fonctionnement de notre société.Et j'ai compris que les politiques ne comprenaient rien à nos quartiers.
  • Ahamada : Quand on a appris que des colleurs du FN avaient tiré sur un desB.Vice, notre cité, comme toutes les autres, s'est enflammée.Les jeunes sont descendus avec des barres de fer, des cocktails Molotov.Prêts à retourner Marseille.Mais on voulait que les gars de la Savine nous disent quoi faire. C'était leur frère.C'était leur décision.
  • Ahamada : Dans les partis, personne n'a dit : ces jeunes ont été magnifiques, il faut construire avec eux
  • Ibrahima : Les prémonitions, on n'aime pas trop ça, nous les Comoriens
  • Ibrahima : Depuis vingt ans, on n'a jamais parlé de cette soirée
  • Ibrahima : Entre nous, c'est très pudique. Ce drame a fait un mort, mais combien de traumatisés ? Il y avait dix gamins ce soir-là. Aucun n'a eu droit à une aide psychologique.
  • Ibrahima : La justice a fait son boulot
  • Ibrahima : Même si, pour nous, elle n'a pas vraiment reconnu le caractère raciste du meurtre.
  • Ibrahima : Certains, dans les quartiers, nous ont reproché d'avoir calmé le jeu, et accusés d'être achetés par les politiques
  • Ibrahima : Ça nous a fait mal.
  • Ibrahima : Nous, on a toujours l'impression d'être des Français à part, J'ai fait mon service, je paye mes impôts, je tremble quand je chante La Marseillaise. Quand est-ce que cette maison m'appartiendra aussi ?
  • Maoulida : Ma tante a quitté Marseille. Elle ne supportait plus de croiser les copains de son fils unique. Autour du 21 février, elle se rend toujours aux Comores, ça l'apaise
  • Maoulida : Pour mes trois soeurs et moi, Ibrahim était un grand frère tendre, drôle, toujours là. Nous avons partagé le même appartement, puis le même palier. On vivait les uns chez les autres.
  • Maoulida : Au collège, je suis allée voir mes copines françaises. Des Blanches, quoi Je leur ai demandé : "Mais c'est quoi le Front national ?" Ce jour-là, j'ai découvert le racisme.
  • Maoulida : En déplacement à Paris, je suis allée devant le siège de Charlie Hebdo et à l'Hyper Cacher, porte de Vincennes. Il fallait que je voie ça de mes yeux.
  • Maoulida : Depuis, c'est un amer anniversaire.
  • Maoulida : Ses mots sont tellement justes
  • Maoulida : On préférerait que ce carrefour où il a été tué soit rebaptisé. Chaque année, on donne la demande en mains propres aux politiques.Et, chaque année, on n'a pas de réponse.
  • Maoulida : coups de poignard
  • Maoulida : dégoût
  • Maoulida : C'était notre avocat au procès,
  • Maoulida : Il montrait de l'empathie. On le pensait sincèrement touché par notre histoire. Il a vu les garçons pleurer dans son bureau.
  • Maoulida : Le voir assis à côté de Marine Le Pen a été un choc
  • Maoulida : En catimini, sans inauguration, sans prévenir la famille, les amis,
  • Maoulida : A un endroit qui ne veut rien dire.
  • Maoulida : La deuxième mort d'Ibrahim
  • Ravier : une profanation
  • Ravier : La gauche réveille les plaies, c'est vraiment minable
  • Ravier : un drame qui a brisé plusieurs familles. Celle de la victime, bien sûr et avant tout, mais aussi celles de militants sincères
  • Ravier : Ne jamais être armé pour un collage.
  • Soprano : Aujourd'hui, les jeunes des cités ne savent pas qui est Ibrahim et ne vont pas voter. On a tous notre part de responsabilité là-dedans, moi compris. Une chose est sûre, nous n'avons pas assez transmis.
  • Collard : si l'idéologie véhiculée par le Front national n'a pas provoqué le fantasme de peur dans l'esprit des colleurs d'affiches
  • Hassany : On préparait un spectacle pour la lutte contre le sida
  • Hassany : A la Savine, on n'avait pas de salle assez grande.
  • Hassany : On voulait faire grosse impression.C'était ça, B.Vice, un groupe de scène. On a beaucoup discuté pour savoir comment remonter chez nous. Les bus, dans les quartiers nord de Marseille, c'est compliqué.
  • Hassany : On cavalait pour ne pas rater la correspondance.C'était Ramadan, on avait faim.
  • JM Pesenti : Après le procès, j'étais convaincu que le FN disparaîtrait des quartiers nord. Mais on a très vite oubliéle meurtre,
  • Marie Lajus : Cent quarante millions d'euros sont investis ici pour créer une meilleure mixité sociale
  • Soly : Tu ne viens pas à la Savine par hasard, c'est le bout du monde. Tu peux passer vingt fois devant sans savoir que, là-haut, tu as une cité de 1 500 habitants
  • Soly : On a fondé ce projet pour encadrer nos petits frères commeIbrahim, les aider à s'insérer. A l'époque, on a dû taper sur la table pour imposer nos idées, vis-à-vis des parents qui n'avaient pas confiance, des financeurs. Et, au final, cela s'est soldé par la mort d'un ado. Après ça, c'était difficile de tout lâcher
  • Soly : La mère d'Ibrahim m'a dit : "Faites ce que vous voulez, mais rien qui ne salisse la mémoire de mon fils".
  • Soly : Cette dignité, c'était le visage qu'il fallait montrer,
  • Soly : Sinon, on aurait donné raison au FN et à Bruno Mégret qui qualifiait un tir dans le dos de légitime défense. Mais aujourd'hui, je regrette que l'on n'ait pas donné un grand coup de pied dans la fourmilière quand je vois le nombre de gens contaminés par ce parti de la haine.»
  • Soly : A l'époque, nous avons apprécié son soutie
  • Soly : Aujourd'hui, je ne comprends plus son discours.
  • Soly : paupérisée, avec des communautés refermées sur elles-mêmes. Avant, on s'invitait les uns les autres aux fêtes religieuses. Aujourd'hui, c'est fini. Et il n'y a toujours qu'un bus de nuit. Si tu le rates, tu rentres à pied
  • Soly : Le mépris des pouvoirs publics, c'est ce qui nous fait le plus mal, s'agace Soly Mbaé.
  • Soly : Pour eux, c'est un petit Comorien qui est mort, pas un minot de Marseille Dans le 15e, ils ont donné à un collège le nom de Rosa Parks [l'Américaine surnommée « mère du mouvement des droits civiques » pour avoir refusé, en 1955, de céder son siège d'autobus à un Blanc].Pourquoi pas Ibrahim Ali ? L'antiracisme, c'est mieux quand ça vient des Etats-Unis ? Il n'y a aucun courage politique. Tout le monde a peur de la réaction du FN.

Citations directes dans un discours indirect

  • Maoulida : elle espère encore « une vraie reconnaissance »
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