Présentation des affaires
Ibrahim Ali
L'affaire Ibrahim Ali est une affaire criminelle dans laquelle Ibrahim Ali, jeune marseillais de 17 ans, a été tué en 1995 par Robert Lagier Pied-noir, ex-membre du PCF et militant du Front National, il participe au collage d'affiches pour le parti, lors de la campagne électorale des présidentielles et municipales, en compagnie de Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio. Le 21 février 1995, il tire et tue Ibrahim Ali, jeune Français d'origine comorienne. Condamné à de la prison, il y meurt en 2001. , militant et colleur d'affiche du Rassemblement National. Étant d'origine comorienne, la notion de crime raciste est au cœur des articles traitant de cet événement.
Jeanne
L'affaire Jeanne, aussi appelée "affaire des kits de campagne", est une affaire dans laquelle le microparti Jeanne, une association créé par des proches de Jean-Marie Le Pen, a été au cœur d'un système de détournement d'argent, par la vente de kits de campagnes et la formulation de prêts à des prix et des taux anormaux. En 2020, plusieurs membres et proches du Rassemblement National ont été condamnés.
Assistants parlementaires européens
Cette affaire met en cause le Rassemblement National dans l'emploi, entre 2004 et 2016, de parlementaires européens afin de servir les intérêts du parti plutôt que ceux des affaires européennes. En 2025, plusieurs cadres du Rassemblement National (dont Marine Le Pen Marine Le Pen est une femme politique française ayant dirigé le Front National, puis le Rassemblement National de 2011 à 2021. Fille de Jean-Marie Le Pen, figure contestée de l'extrême-droite et fondateur du parti, elle s'y engage à partir de 1986. Entre 2004 et 2017, elle siège au Parlement européen. Marine Le Pen s'est présentée aux élections présidentielles de 2012, de 2017 et de 2022. En 2025, elle est reconnue coupable pour détournements de fonds. Elle a depuis fait appel. ), sont condamnés pour détournement de fonds publics. Afin de se défendre, nombre d’entre eux ont accusé, entre-autres, les "juges rouges" d'exécuter des condamnations politiques.
Présentation des journaux
Libération
Libération est un quotidien national français, créé en 1973 par Jean-Paul Sartre et Maurice Clavel. Sept articles publiés par cet organe de presse sont présents dans notre corpus. Leur fréquence est particulièrement élevée dans le cas de l'affaire Ibrahim Ali. En effet, Libération a publié une série d'articles complémentaires permettant de documenter le traitement médiatique de l'affaire par le journal.
Le Monde
Le Monde est un quotidien national français, créé par Hubert Beuve-Méry en 1944. Il est l'organe de presse auquel nous avons le plus souvent eu recours dans notre corpus, principalement du fait de son traitement des trois affaires sélectionnées, mais également par leur disponibilité via la base de données Retronews.
Le Figaro
Le Figaro est un des plus anciens quotidiens nationaux français encore publiés aujourd'hui, ayant été créé en 1826. Puisque les articles de Libération ont été privilégiés pour l'étude de l'affaire Ibrahim Ali, ceux du Figaro portent sur celle de Jeanne ainsi que celle des assistants parlementaires.
Notre méthodologie
Les étapes de création du projet
Ce projet a été réalisé dans le cadre du master 1 Humanités Numérique, et rassemble des étudiants de l'ENSSIB et de l’université Lyon 3. Le questionnement qui a conditionné l’ensemble de nos réflexions est le suivant : pouvons-nous relever des biais journalistiques dans des articles provenant de journaux ayant une orientation politique marquée et qui impliquent des membres du RN/FN ? Par ailleurs, ce travail a également été l’occasion de tenter de construire un outil de recherche qui puisse rassembler, traite et analyse ces différents biais.
Les axes d'études
De ce fait, notre encodage a permis de produire trois transformations. La première s’intéresse aux acteurs mentionnés dans les affaires. L’ambition était de déceler, pour chaque affaire, la présence relative de chaque personne. Cela permet, par exemple, de comparer et de révéler points d’intérêts marqués par certaines rédactions, qui seraient difficiles de relever sans un outil quantitatif.
La seconde porte sur les constructions linguistiques des articles. En encodant les phrases que nous avons considéré comme étant significatives, nous avons pu mettre en lumière des manières de qualifier un sujet, ou simplement de le traiter d’une façon qui peut être comparée entre articles.
Finalement, la dernière présente les citations rapportées dans chaque article. Celles-ci sont les outils privilégiés des journalistes, et leur emploi peut autant être utilisée afin de renforcer le point de vue de l’auteur que de décrédibiliser ses propos. En encodant différentes informations permettant de caractériser ces citations (si ce sont des propos rapportés, de qui elles parlent etc.), nous souhaitons, là encore, permettre de les étudier en adoptant une approche quantitative.
Les limites du projet
Notre travail s’est confronté à plusieurs obstacles, qui ont nécessité de redéfinir, voire de renégocier, nos ambitions.
Le premier, qui est peut-être le plus évident, est celui lié au contexte académique. Cela conditionne d’abord le temps alloué à ce projet, puisque nous ne disposions que d’un semestre afin de formuler nos objectifs, de définir des solutions, et, enfin, de les mettre en application. Par ailleurs, ce projet étant pédagogique, il est donc réalisé par des étudiants qui découvrent les outils mis à leur disposition. Bien que nous ayons fait le maximum pour nous les approprier, des limites inhérentes à ce statut se retrouvent inévitablement dans notre travail.
Un autre point d’attention est au sujet de la taille de notre corpus. Cet obstacle, intimement lié à celui du temps disponible, pose davantage la question du potentiel de notre démarche. En effet, appliquer notre encodage à d’autres articles, provenant d’autres quotidiens, permettrait d’obtenir un panel de données à la fois plus large et plus représentatif, et donc des résultats qui le seraient tout autant.
Finalement, le dernier obstacle de notre étude est lié à la nature même de notre encodage. En effet, le choix de baliser certains éléments revenait, en fin de compte, à la personne encodant l’article, et donc à sa sensibilité personnelle. C’est par exemple le cas, mentionné plus haut, des phrases considérées comme particulièrement significatives. Ainsi, une application à plus grand échelle de notre approche nécessiterait de définir des critères plus « objectifs ».